L'enceinte médiévale de Rouen vers la place Cauchoise, Rouen, (Seine-Maritime) : rapport de diagnostic
Edition
Cesson-Sévigné : Inrap GO, 2016
Collation
1 vol. (54 p.) : couv. ill. en coul., 19 fig. ; 30 cm
Résumé
Le projet de construction de logements étudiants aux 102-108 boulevard des Belges et 97, rue Cauchoise étant localisé sur le tracé des anciennes fortifications de la ville, le Service Régional de l’Archéologie de Normandie (SRA) a prescrit un diagnostic archéologique. Les parcelles diagnostiquées se situent sur le tracé de l’enceinte médiévale et comprennent une partie du fossé à l’ouest et une bande de terrain directement en lien avec la courtine à l’est. La portion concernée par cette étude est localisée entre une des principales porte de la ville, la Porte Cauchoise, au nord, et le château édifié par les Anglais au début du XVe siècle au sud. Le diagnostic a permis tout d’abord de préciser le tracé de l’enceinte urbaine de Rouen. Observée au sud et au nord lors de fouilles au début des années 1990, cette portion de l’enceinte était très bien conservée, au moins en ce qui concerne sa partie inférieure servant d’escarpe au fossé de la ville. Cette dernière est construite en pierres de taille calcaire présentant un léger fruit, de 0,14/0,15 m/m. Si ces données sont semblables à celles déjà connues, seule sa largeur, 5 m, peut poser question puisque la courtine mesurait moins de 3 m de large au sud et entre 3,30 m et 4 m au nord aux abords d’une casemate. Une maçonnerie faisant 5 m de large a bien été mise en évidence lors des fouilles du Rectorat au sud mais il s’agissait alors d’un massif en blocage regroupant à la fois les fondations de la courtine et celles d’un escalier permettant d’accéder au chemin de ronde. En tenant compte du fait que, dans le cas de ce diagnostic, on se situe aux niveaux des fondations et que la tranchée ne mesure que 3 m de large, cela pourrait être une explication à la très grande largeur de la maçonnerie, qui pourrait regrouper l’enceinte et un massif d’escalier par exemple. A moins de 2 m de la courtine, l’étude des terres laissées en place pour des raisons de sécurité a montré que l’on était en présence d’un amoncellement de remblais sur près de 3 m de haut. La fine stratification, associée au mobilier recueilli, peu fragmenté et homogène, permet d’identifier cet amas à un heurt, terme donné au XVIe siècle pour désigner des monticules de terre créés volontairement. Il s’agissait alors d’apporter des terres du côté intérieur de l’enceinte, afin de renforcer la résistance des murs à l’artillerie. Il s’agit de la seconde fois que la présence d’un heurt en arrière de la courtine est mise en évidence sur cette portion ouest des fortifications. Constitué dans la seconde moitié du XVIe siècle, cela conforte les observations réalisées plus 150 m au sud, et permet de proposer de restituer ce heurt sur une grande partie de l’espace en arrière des fortifications à l’ouest de la ville.